OpenAI a annoncé le 5 octobre le déploiement prochain d’un filigrane invisible dans certains textes produits par ChatGPT et Codex dans l’Union européenne. L’objectif est de répondre aux exigences de traçabilité prévues par l’article 50 de l’AI Act.
Faits vérifiés
OpenAI indique que ce marquage sera progressivement introduit dans les prochaines semaines pour les utilisateurs éligibles de ChatGPT et Codex, sur l’ensemble des offres dans l’UE. La technologie, appelée textGrain, modifie légèrement les choix de mots du modèle afin d’ajouter un signal statistique invisible. Pour l’API, ce dispositif reste optionnel et désactivé par défaut.
Le détecteur ne sera pas accessible librement au lancement. OpenAI prévoit d’en réserver d’abord l’accès à certains chercheurs et organismes spécialisés. L’entreprise reconnaît par ailleurs plusieurs limites : les textes courts sont plus difficiles à identifier et une réécriture, une traduction ou le remplacement de certains mots peut fortement diminuer la détection.
Le filigrane ne permet pas d’identifier un utilisateur, une entreprise, un compte, une conversation ou le prompt utilisé. Il ne prouve pas non plus qu’un texte est exact, ni qu’il a été produit entièrement par l’IA.
Analyse
Pour une PME, cette annonce ne signifie pas qu’il faudra désormais étiqueter chaque courriel ou compte rendu produit avec ChatGPT.
L’article 50 vise notamment les publications textuelles générées ou manipulées par IA lorsqu’elles portent sur des sujets d’intérêt public et sont publiées sans véritable contrôle humain ou responsabilité éditoriale. Les obligations de transparence sont applicables depuis le 2 août 2026.
L’enjeu opérationnel reste donc la gouvernance : savoir quels contenus sont assistés par IA, lesquels sont publiés, qui les relit et dans quels cas une information sur l’usage de l’IA doit accompagner le contenu.
Scénario fictif
Une PME utilise ChatGPT Business pour préparer des publications institutionnelles. Les brouillons sont générés par l’IA, puis vérifiés et réécrits par la responsable communication avant publication. La charte interne précise cette responsabilité éditoriale et les cas nécessitant une mention spécifique.
Le filigrane technique ne remplace donc ni la relecture humaine ni les règles internes d’usage.
Sources consultées
- OpenAI, 5 octobre 2026 : Our approach to EU text provenance rules. Consultée le 6 octobre 2026.
- Commission européenne : Transparency obligations under Article 50 of the AI Act. Consultée le 6 octobre 2026.
- Commission européenne : Guidelines on transparency obligations. Consultée le 6 octobre 2026.
Les recommandations pratiques et le scénario fictif sont une analyse éditoriale de DI-JB Formation.

